26/06/2022

NewsJardinTV – Infos, Conseils, Vidéos, Podcasts – 100 % Nature

Rechercher
Accueil / Jardinage  / Soins, Nutrition et Protection  / COMMENT SE DÉBARRASSER DES MOUCHES BLANCHES ?

COMMENT SE DÉBARRASSER DES MOUCHES BLANCHES ?

Aleurode Chou MAP VAL 1309040045
Aleurode Chou MAP VAL 1309040045

Aleurode du chou (Aleyrodes proletella). ©www.map-photos.com – Vincent Albouy

• Comment éliminer les petits insectes blancs ailés qui envahissent toutes mes plantes ?

En hiver, les plantes de la maison et en été de nombreux légumes sont attaqués par un petit insecte homoptère : l’aleurode (Trialeurodes vaporariorum) qui provoque le jaunissement des feuilles et un ralentissement de la croissance. C’est un proche parent des pucerons que l’on l’appelle improprement « mouche blanche » en raison de sa couleur et de sa forme. Toutefois, il se distingue des mouches (diptères) par ses ailes qui ne se croisent jamais sur le dos. Par ailleurs, la larve plate de l’aleurode ne prend pas une forme d’asticot, comme c’est le cas chez les mouches. Il suffit d’effleurer le feuillage d’une plante attaquée pour observer un envol des adultes.

Aleurode Gros Plan

Les ailes de l’aleurode ne se croisent pas sur le dos. ©Miroslav Deml

 

L’aleurode est un redoutable insecte piqueur-suceur

Se nourrissant de la sève des plantes, l’aleurode pique le limbe des feuilles, ce qui ralentit la végétation lorsque les colonies sont importantes. Notez aussi que lors de la ponte, la femelle aleurode enfonce son rostre dans l’épiderme de la feuille (cuticule), puis elle projette dans la cavité ainsi crée, une substance liquide et collante qui sert à maintenir l’œuf en place sur son hôte.

Aleurode Rhododendron

Dialeurodes chittendeni sur Rhododendron grandiflorum. ©Magnus Gammelgaard

Les aleurodes sont aussi redoutables par les problèmes secondaires qu’ils engendrent. Leur déjection sucrée, le miellat, constitue un terrain favorable au développement de la fumagine (Cladosporium spp.), un champignon noir et pulvérulent à l’aspect de suie.

Fumagine lagerstroemia MAP Pasquel NPA 070829783

Fumagine sur une feuille de Lagerstroemia attaqué par les aleurodes. ©www.map-photos.com – Nathalie Pasquel

L’aleurode est un insecte très polyphage

Dans les productions professionnelles, la plupart des cultures légumières en serre sont attaquées par les aleurodes. En plein air, les choux ainsi que les fuchsias, les pélargoniums, les azalées, les gerbéras, les agératums, les sauges, les calcéolaires, les dipladénias, les lantanas se montrent très sensibles.

Aleurode Aubergine Mioulane MAP NPM GIP0071679

Attaque d’aleurodes sur aubergine. Les feuilles se décolorent. ©www.map-photos.com – N. & P. Mioulane

Les particuliers se plaignent surtout d’attaques sur la plupart des plantes de la maison (surtout : hibiscus, poinsettia, primevère, cinéraire, azalée, Tibouchina). Dans le jardin d’ornement, les rosiers, les viornes (Viburnum spp.) et surtout le laurier-tin (Viburnum tinus) se montrent aussi très sensibles, de même que les arbousiers (Arbutus unedo), les bignones (Campsis x tagliabuana et C. radicans), les chèvrefeuilles (Lonicera spp.), le datura en arbre (Brugmansia arborea), le grenadier (Punica granatum), la lavatère arbustive (Lavatera olbia), les morelles (Solanum spp.), la symphorine (Symphoricarpos x doorenbosii), les tabacs d’ornement (Nicotiana affinis et N. sylvestris), , etc.

Aleurode Tomate

Colonie de Trialeurodes vaporiarum sur tomate. ©Renault Kadjar

La bourdaine (Frangula alnus) et le nerprun alaterne (Rhamnus alaternus) sont attaqués par l’aleurode de la filaire (Siphoninus phylleraea) que l’on rencontre aussi couramment sur la filaire à feuilles étroites (Phillyrea latifolia).

Aleurode filaire Marton

L’aleurode de la filaire en plein repas sur une feuille. ©Szlovik Màrton

Une étonnante rapidité de développement et de propagation

Chez les aleurodes, la période d’incubation dure seulement 6 jours à 27 °C et 12 jours à 17 °C. Le développement larvaire jusqu’au stade adulte demande 24 jours à 27 °C et 43 jours à 17 °C. En raison du potentiel de reproduction très élevé de ces insectes, la lutte est assez difficile pour l’amateur. Les aleurodes sont agressés par de nombreux prédateurs naturels qu’il faut laisser agir, notamment des coccinelles (Clitostethus arcuatus et Scymnus pallidivestis) ou divers hyménoptères dont plusieurs espèces d’Encarsia et Coccophagus eleaphilus.

Aleurode Ponte MAP FBU 070808233

Ponte d’aleurodes sur une feuille de Citrus. ©www.map-photos.com – Frank Buffetrille

Côté pratique, la solution la plus simple consiste à profiter du fait que les aleurodes sont irrésistiblement attirés par la couleur jaune vif. Il suffit de placer près des plantes attaquées de plaques de cette couleur couvertes de glu pour que les insectes s’y collent.

Piege Jaune Aleurode Flora

Tout objet peint en jaune et enduit de glu constitue un piège efficace pour les aleurodes. ©Flora

Une lutte biologique efficace en milieu fermé

Dans les serres, la PBI (protection biologique intégrée) se montre très efficace en utilisant divers parasites naturels de l’aleurode. On utilise surtout comme auxiliaire Encarsia formosa, un hyménoptère (une guêpe minuscule, de 0,7 mm) qui dépose ses œufs dans les larves d’aleurodes parvenues aux trois derniers stades de leur développement. Eretmocerus eremicus est un autre hyménoptère qui agit un peu plus tôt (deuxième stade du développement larvaire).

encarsia formosa

Une micro-guêpe Encarsia formosa dans une colonie d’aleurodes. ©Flora

La coccinelle Delphastus pusillus consomme de 140 à 160 œufs d’aleurodes quotidiennement.

L’acarien Amblydromalus limonicus se nourrit d’œufs et de larves d’aleurodes.

La punaise Macrolophus caliginosus qui aspire tout les liquides vitaux des larves donne d’excellents résultats dans les cultures de tomates et d’aubergines en serre.

En cas de forte infestation, les professionnels procèdent également dans les serres à des pulvérisations de champignons entomopathogènes (nuisibles pour les insectes) : Paecilomyces fumosoroseus et Verticillium lecanii).

Macrolophus caliginosus

La punaise Macrolophus caliginosus est l’un des plus redoutables prédateurs des aleurodes. ©Koppert

Pour l’amateur, il semble que la pulvérisation d’huile essentielle d’orange constitue un répulsif efficace. La législation ayant prévu l’interdiction totale des insecticides de synthèse à partir de 2017 pour les espaces verts collectifs et à partir de 2019 pour les jardiniers amateurs, nous préférons anticiper et ne vous conseillons aucun produit, d’autant que l’efficacité des insecticides naturels est très limitée sur les aleurodes.

La plupart des auxiliaires cités ci-dessus sont commercialisés par les entreprises spécialisées : Biobest, Biotop et Koppert.

Encarsia formosa MAP A6092 GWI

Les auxiliaires sont généralement vendus sous forme d’œufs contenus dans des petits sachets à placer sur les cultures. ©www.map-photos.com – GWI

Pas de commentaire

Publier un commentaire