29/05/2022

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CONNAISSEZ-VOUS L’OCA ?

J’aimerais savoir si l’oca peut-être considéré comme l’ancêtre de la pomme de terre ? 

Hormis une origine géographique commune, le Pérou, et le fait qu’ils aient tous deux fait partie du régime alimentaire des Incas, l’oca et la pomme de terre n’ont rien de commun. Leur seul lien se trouve dans la terrible famine que connut l’Irlande entre 1845 et 1848, à la suite d’attaques massives du mildiou de la pomme de terre qui détruisit rapidement toutes les cultures. Aucun traitement n’étant connu à l’époque (la bouillie bordelaise ne sera « inventée » qu’en 1880 par le chimiste bordelais Ulysse Gayon), la pénurie alimentaire fit mourir de faim un million de personnes et provoqua l’exode vers l’Amérique de près de deux millions d’expatriés irlandais !

Comme l’oca du Pérou avait été introduit en Grande-Bretagne en 1829, il fit partie des essais de tubercules comestibles que les botanistes entreprirent pour remplacer la pomme de terre menacée de disparaître. L’oca offrait potentiellement une alternative intéressante, mais comme il s’agit d’une plante de jours courts, ses tubercules ne commencent guère à se former avant octobre et il faut attendre début novembre pour la récolte, ce qui peut poser des problèmes les années de froid précoce. Par ailleurs, les rendements, de 300 à 500 g par plante, s’avèrent peu intéressants pour une culture à grande échelle.

Deux plantes très différentes

Sur le plan botanique, oca et pomme de terre n’ont aucun lien de parenté. La pomme de terre (Solanum tuberosum) appartient à la famille des Solanacées, comme les tomate, piment, aubergine, physalis, et près de trois mille d’autres plantes (ricin, douce amère, mandragore, tabac, datura, pétunia, jusquiame, Cestrum, Salpiglossis, etc.).

L’oca (Oxalis tuberosa) fait partie de la famille des Oxalidacées, laquelle renferme uniquement trois genres : Oxalis, Biophytum et Eichleria. On connaît environ 800 espèces d’oxalis, certains faisant même partie des « mauvaises herbes », comme Oxalis corniculata, très envahissant.

L’oca du Pérou, que l’on appelle aussi : oca d’Amérique, oxalide, oxalis tubéreux, oxis, surelle tubéreuse ou truffette acide, est une plante vivace moyennement rustique, qui développe de nombreuses tiges succulentes, ramifiées, duveteuses, vert pourpré. D’abord rampantes puis dressées, elles atteignent 25 à 30 cm de haut. Les feuilles charnues, à trois folioles de 2 à 2,5 cm de long, ressemblent à celle du trèfle. D’un vert brillant, elles sont parsemées de pourpre à la face inférieure. En juillet/août, les inflorescences en ombelles sont composées de 5 à 8 fleurs jaune d’or d’environ 1,5 cm de diamètre.

L’oca du Pérou produit des petits tubercules de 3 à 6 cm de long, sphériques ou ovoïdes, bosselés, jaunes, blancs, roses ou ocre, tirant sur le rouge chez certaines variétés. Ils sont couverts de petites écailles triangulaires. La floraison est absente chez les oca à tubercules rouges ou jaunes.

Cuits à l’eau, frits ou sautés comme des pommes de terre, les tubercules d’oca, offrent une texture assez farineuse, dont la saveur réunit celles de la pomme de terre et de la patate douce, avec une pointe d’acidité qui rappelle l’oseille. La plante étant riche en acide oxalique, la consommation de l’oca du Pérou est déconseillée aux personnes souffrant de troubles urinaires, de calculs rénaux et de goutte.

Pour éliminer le maximum d’acidité, il est recommandé d’utiliser les tubercules d’oca après les avoir exposés au soleil durant trois jours et de les cuire en changeant l’eau deux fois.

Les jeunes feuilles peuvent se consommer à la manière de l’oseille, leur saveur étant très voisine.

Le bon conseil de MiouMiou : la tubérisation se produisant au niveau des nœuds sur les tiges couchées sur le sol, plusieurs buttages réalisés au fur et mesure du développement des tiges, et surtout vers la fin juillet et en septembre, permettent d’accroître le rendement car ils provoquent des marcottes naturelles.

L’oca ne fructifiant pas sous nos climats, seule la multiplication végétative est utilisée. Plantez fin avril, début mai un tubercule tous les 80 cm, en l’enfouissant à 5 cm de profondeur dans un sol léger qui conserve une bonne fraîcheur estivale. Un apport de fertilisant organique à base de fumiers et d’algues est recommandé.

©Photo : www.map-photos.com – N. & P. Mioulane

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