29/11/2022

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14 plantes envahissantes à détruire

Eichhornia

renouee VignetteAprès deux années d’âpres discussions entre ses membres, la Commission européenne a publié le mercredi 13 juillet dernier une liste des espèces envahissantes qu’il est absolument nécessaire d’éliminer. Même si cette position peut sembler très « écologiquement incorrecte », il faut savoir que l’impact des organismes invasifs représente un coût estimé à 12 milliards d’euros par an. Cette liste commune aux 27 états membres, interdit désormais l’importation, la vente, la culture et la reproduction de 37 espèces (22 sont présentes en France) dont 14 végétales.

Nombre de ces plantes ont été d’abord considérées comme des espèces ornementales et introduites à ce titre, puis elles se sont dispersées dans la nature, colonisant les écosystèmes au détriment de la flore indigène. Notez qu’une majorité de ces « pestes végétales » sont des plantes aquatiques.

 

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La très ornementale jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes) fait partie des plantes listées les plus colonisatrices. ©www.map-photos.com – N. & P. Mioulane

 

Une volonté politique, mais des difficultés pratiques

L’application de ce décret sera difficile car il préconise : « la détection et l’éradication rapide »  des espèces visées. Or, certains végétaux sont déjà largement implantés sur les territoires et ils profitent de l’activité humaine et des facilités de communication et de transport pour proliférer. Empêcher une dissémination qui a pour vecteurs l’eau, le vent, les animaux (surtout les oiseaux) et les véhicules de toutes sortes, semble bien problématique. En fait, les seuls endroits où il paraît encore possible d’agir pour protéger la biodiversité grâce à une sélection rigoureuse et une intervention systématique, ce sont les jardins.

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Une colonisation du biotope dans les Landes par le séneçon en arbre (Baccharis halimifolia). ©www.map-photos.com – N. & P. Mioulane

Les pestes les plus redoutables, ont curieusement été « oubliées »

La liste publiée le 13 juillet est loin de faire l’unanimité parmi les « gens de terrain » et surtout de satisfaire la réalité des menaces écologiques car les plus redoutables « pestes végétales » n’y figurent pas. C’est ainsi que la Hongrie a fait en sorte que le robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia, Fabaceae) ne soit pas inscrit sur la liste. En effet, il s’agit d’une importante espèce économique pour ce pays car elle y est cultivée pour produire du bois et du miel d’acacia.

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Les fleurs généreusement mellifères du très drageonnant Robinia pseudoacacia. ©www.map-photos.com

Mais le plus inquiétant et qui confine quasiment au scandale, c’est que la renouée du Japon (Reynoutria japonica, Polygonaceae) a aussi été épargnée car plusieurs États membres ont fait observer que la plante était déjà si largement implantée qu’il était inutile de se fixer des objectifs ruineux, voire impossibles. Cela signifie qu’officiellement on baisse les bras devant l’une des pires pestes végétales qui soit !

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La renouée du Japon est une plante si envahissante qu’il est quasi impossible de s’en débarrasser. ©www.map-photos.com

Notez aussi que les États membres se sont limités aux seules espèces menaçant la biodiversité. Résultat, l’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia, Asteraceae) et la berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum, Apiaceae) responsables de redoutables allergies, ne figurent pas sur la liste, de même, côté faune, que le moustique tigre  (Aedes albopictus), vecteur de la dengue, du chikungunya et du virus Zika.

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La berce du Caucase provoque de très désagréables allergies. ©www.map-photos.com – N. & P. Mioulane

On ne trouve pas non plus dans la liste officielle la balsamine de l’Himalaya (Impatiens glandulifera, Balsaminaceae) pourtant d’une vigueur proliférante tout à fait impressionnante, pas plus que le raisin d’Amérique (Phytolacca americana), pourtant considéré comme l’une des plantes les plus problématiques par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) Il faut donc espérer que la CE continuera de travailler sur l’élargissement de la liste.

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La vitesse de croissance de la balsamine de l’Himalaya est tout à fait stupéfiante. ©Flora

Les plantes à éliminer absolument

Les végétaux listés par la CE sont : Baccharis halimifolia (séneçon en arbre, Asteraceae), Cabomba caroliniana (ondine de Caroline, Cabombaceae), Eichhornia crassipes (jacinthe d’eau, Pontederiaceae), Heracleum persicum (berce de Perse, Apiaceae), Heracleum sosnowskyi (berce de Sosnowski, Apiaceae), Hydrocotyle ranunculoides (hydrocotyle fausse-renoncule, Araliaceae).

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Utilisée pour les aquariums, Cabomba caroliniana pose désormais de gros problème dans les milieux aquatiques soumis à un faible courant. ©www.map-photos.com – N. & P. Mioulane

Figurent aussi sur la liste : Lagarosiphon major (grand lagarosiphon, Hydrocharitaceae), Ludwigia grandiflora (jussie à grandes fleurs, Onagraceae), Ludwigia peploides (jussie rampante, Onagraceae), Lysichiton americanus (faux arum, Araceae), Myriophyllum aquaticum (myriophylle du Brésil, Haloragaceae), Parthenium hysterophorus (grande camomille, Asteraceae)Persicaria perfoliata (renouée perfoliée, Polygonaceae), Pueraria montana (kudzu).

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La grande jussie peut recouvrir tout un étang en quelques semaines. ©www.map-photos.com – N. & P. Mioulane

Pour voir la liste complète (y compris les espèces animales), cliquez sur le lien (texte en bleu souligné)

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