01/10/2022

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AU GUI L’AN NEUF !

Gui Viscum-album
Gui Viscum-album

Fructification de gui.

Plante associée au jour de l’an, le gui (Viscum album) s’intègre dans les traditions populaires les plus anciennes. Dans l’Antiquité, les Grecs associaient le gui à Hermès, le dieu de la santé et messager de l’Olympe. De nos jours, c’est la Grande-Bretagne qui utilise systématiquement le gui pour célébrer le plus la fête. Jusque dans les années 1920, la Normandie exportait outre-Manche plus de 700 tonnes de gui…

Les Grecs et les Romains de l’Antiquité vénéraient déjà le Gui. Selon la mythologie, Perséphone (Proserpine), qui avait été enlevée par le dieu des Enfers Hadès (Pluton), utilisait cette plante chaque hiver, pour ouvrir les portes du monde souterrain et royaume des morts, afin de rejoindre son mari, après avoir passé la belle saison dans l’Olympe. Dès cet instant, la mère de Perséphone, Déméter (Cérès), déesse de l’agriculture et des moissons, prenait deuil en se désintéressant de la végétation terrestre.

C’est l’époque de morte-saison durant laquelle les plantes entrent en repos et où les semences restent enfouies sous terre avant de renaître ou d’émerger du sol lorsqu’au printemps Perséphone remonte des Enfers. On dit que c’est depuis ce temps que la Terre vit au rythme des saisons !

Enlevement Proserpine Alessandro Allori

L’enlèvement de Proserpine par Alessandro Allori (1570)

Une très vieille tradition celtique

Dès l’époque romaine, en Gaule, au sixième jour de l’année celtique, qui se situait plutôt vers le solstice d’hiver (21-22 décembre) que pour le premier janvier, les druides parcouraient les forêts dans le but de récolter le gui sacré qu’ils appelaient « celui qui guérit tout ». Armés de leur mythique faucille ou serpe d’or, qui devait plutôt être en aigrin, un alliage à base de cuivre ou en bronze doré, car l’or véritable est un matériau trop mou, ils coupaient le gui en s’exclamant : « O Ghel an Heu » ce qui signifie littéralement « Que le blé germe ! ». La cérémonie se terminait par l’immolation de deux taureaux blancs.

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La cérémonie de récolte du gui par les druides.

Le blé germe… Bonne et heureuse année !

Au Moyen Âge, l’expression « O Ghel an Heu » évolua en : « Au gui l’an neuf », mais les traditions ayant la vie dure, jusqu’au dix-neuvième siècle, en Bretagne, les enfants allaient frapper aux portes des maisons bourgeoises en criant le « blé germe » et ils recevaient des étrennes.

La formule : « Au gui l’an neuf », fut remplacée au dix-septième siècle par : « Bon an, mal an, Dieu soit céans » (que Dieu protège la maison). Au dix-neuvième siècle on disait : « Bonne et sainte année, le paradis à la fin de vos jours ». Cette expression a donné la formule moderne « Bonne et heureuse année » qui s’est généralisée au vingtième siècle.

Au gui-lan-neuf

Bonne et heureuse année à tous !

La plante qui permet de parler aux fantômes

Les druides considéraient le gui comme une plante sacrée en raison des vertus médicinales, ou même miraculeuses, qu’ils lui attribuaient. Jusqu’au Moyen-Âge, le gui était porté comme un talisman destiné à chasser les mauvais esprits. Cette plante qui conserve toute sa verdeur durant la mauvaise saison était considérée comme pouvant purifier les âmes, guérir les corps malades, neutraliser les poisons, assurer la fécondité des troupeaux, et même permettre de voir les fantômes et de les faire parler !

Il était interdit de toucher le gui sacré sous peine de le voir perdre ses pouvoirs de guérir l’épilepsie et les ulcères ou de rendre fécondes les femmes stériles.

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Seuls les druides avaient le droit de toucher le gui sacré.

L’arbuste de la lune qui pousse sur le soleil

Le gui sacré était cueilli sur des chênes, car ces arbres en portent rarement, d’où la symbolique précieuse que la plante pouvait exprimer. Chez les Celtes, le chêne était l’arbre du soleil symbolisant la force et la puissance, le Gui étant associé à la lune. Ils pensaient qu’un chêne porteur de gui hébergeait un dieu en son sein.

Le gui était vénéré pour son apparence indestructible. Dans les régions septentrionales, c’est une des rares plantes qui reste verte sur les arbres dénudés de leurs feuilles en hiver, et qui plus est fructifie à cette époque. La faculté de pousser indistinctement en bouquets dressés ou retombants est une autre particularité qui a valu au gui sa vénération par les druides.

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Le gui est une plante hémiparasite qui colonise la ramure des arbres. ©www.map-photos.com – Alain Guerrier

La plante condamnée à ne plus toucher terre

Selon une légende scandinave, le dieu du soleil, Balder, fils du dieu Odin, fut tué par le démon Loki d’une flèche fabriquée avec une tige de gui. La mère de Balder, Frigga, implora les autres dieux pour qu’ils redonnent vie à son fils qui devint alors un symbole d’amour et de pardon. Le gui meurtrier fut condamné à quitter la terre qu’il avait souillée et à séjourner dans les arbres sans jamais plus pouvoir en redescendre.

On peut voir à travers cette légende un autre symbole. e gui ne sort pas de terre, mais « pousse dans le ciel ». Il est donc en contact direct avec les esprits.

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Le gui pousse rarement dans les chênes. ©www.map-photos.com – Clive Nichols

Une sympathique tradition à partager

À précisément zéro heure (minuit), le jour de l’an, la tradition, en Europe du Nord veut que l’on s’embrasse sous une branche de gui, symbole de prospérité et de longue vie. On dit que chaque baiser que vous échangerez avec un être cher sous un bouquet de gui lié par un ruban rouge et or, garantira votre bonne entente durant toute l’année.

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Ne faillissez pas à la tradition, embrassez-vous sous le gui au premier de l’an !

Le gui des américains

Plante endémique d’Europe, le gui (Viscum album), appartient à la famille des Santalaceae (anciennement Viscaceae). Le gui étant absent d’Amérique du Nord, aux États-Unis et au Canada, la tradition ne s’est pas perdue pour autant. Lors des fêtes de fin d’année, les descendants des colons européens décorent leur maison et les tables du réveillon avec un cousin local du gui : Phoradendron leucarpum. Son aspect est si proche qu’on le nomme d’ailleurs couramment le gui américain.

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Phoradendron leucarpum, le gui américain.

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