22/04/2021

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08 MARS : JOUR DU MOURON

Mouron rouge Gros plan
Mouron rouge Gros plan

Mouron des champs. ©Flora

Le dix-huitième jour du mois de ventôse du calendrier républicain français, soit le 8 mars, était officiellement dénommé jour du mouron. Le mouron des champs ou mouron rouge (Anagallis arvensis) est aussi appelé « fausse-morgeline ». C’est une plante annuelle rampante qui porte d’avril à septembre des fleurs rouge orangé (parfois bleues, roses ou même blanches selon les variétés) de 1 cm de diamètre, dont les cinq pétales sont soudés à la base. Le genre Anagallis, créé en 1753 par le naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), appartient à la famille des Primulaceae, selon la classification classique, ou des Myrsinaceae, selon la classification phylogénétique actuelle.

Le mouron, chasseur de mélancolie

Le nom botanique du mouron, Anagallis, vient du grec anagelaô, « je ris », en raison de l’ancienne réputation qu’avait la plante de « chasser la mélancolie ». On la préconisait aussi contre les morsures d’animaux enragés. Le mouron rouge est encore parfois utilisé comme plante expectorante pour le traitement de certaines maladies respiratoires, mais il présente une certaine toxicité. C’est d’ailleurs pour cette raison que lui vient son appellation de « morgeline » qui étymologiquement signifie : mort aux poules !

Mouron des champs MAP PNI GIP0009301

Plante sauvage envahissante, le mouron rouge est également toxique, par ses graines surtout. ©www.map-photos.com – Paul Nief

Des fleurs de mouron aux couleurs variables

Le mouron des champs développe une tige quadrangulaire de 10 à 30 cm de long, dont la consistance grêle, l’oblige à ramper sur le sol. Les feuilles ovales sont opposées et légèrement piquetées à la face inférieure.

Les fleurs sont rouges chez la forme botanique classique, parfois nommée « mouron mâle », mais elles sont bleues chez la variété naturelle Anagallis arvensis var. caerulea qui est couramment appelée « mouron mâle ».

Anagallis arvensis coerulea

La forme bleue du mouron des champs : Anagallis arvensis var. caerulea. ©Flora

On rencontre aussi Anagallis arvensis subsp. foemina aux fleurs d’un bleu beaucoup plus intense en été, que l’on rencontre dans le Midi : A. arvensis var. pallida, forme plus rare aux fleurs blanc rosé et A. arvensis var. parviflora.

Anagallis arvensis foemina

Le bleu très soutenu de la fleur permet de reconnaître Anagallis arvensis subsp. foemina. ©Flora

Le mouron fleur horloge et baromètre

Le mouron rouge peut être utilisé comme plante indicatrice de l’heure (horloge de flore) car ses fleurs se ferment en milieu de journée. Cette propriété est à l’origine de l’un des noms vernaculaires anglais de la plante : John-go-to-bed-at-noon (John se couche à midi).

Notez aussi que les fleurs du mouron rouge se ferment très tôt lorsque le ciel s’obscurcit ou si la pluie approche, ce qui est à l’origine d’un de ses autres noms anglais : Poorman’s Barometer (le baromètre du pauvre).

Les fleurs du mouron des champs possèdent aussi des propriétés hygrométriques. Elles ne s’ouvrent pas lorsque l’humidité de l’air est importante, ce qui fait dire que c’est signe de beau temps lorsque le mouron est épanoui. Cela vaut aussi à la plante dans certaines régions le nom vernaculaire poétique de « miroir des champs ».

anagallis arvensis Floraison orange

Les fleurs du mouron des champs ne s’épanouissent que par temps sec. ©Flora

Poison ou nourriture pour les oiseaux

Les graines du mouron rouge renferment des principes toxiques (saponines hémolytiques) qui empoisonnent les oiseaux. Il ne faut donc pas confondre Anagallis arvensis avec Stellaria media, le mouron des oiseaux (morgeline vraie, le nom signifiant que les graines sont mangées par les poules), qu’évoque Émile Zola dans le Ventre de Paris (1873), avec sa marchande de mouron qui : « criait sur un ton gras et traînant : mouron pour les p’tits oiseaux ! ».

Le mouron des oiseaux est un cousin de l’œillet (famille des Caryophyllaceae), qui se développe dans les sols riches et cultivés, fleurissant de mai à octobre, en petites corolles blanches.

Stellaria media Mouron oiseaux

Stellaria media, des fleurs minuscules. ©Kardali

Un mouron à cultiver au jardin

Si le mouron des champs et le mouron des oiseaux sont considérés par les jardiniers comme des herbes envahissantes indésirables, on cultive en revanche couramment le mouron de Monel (Anagallis monelli), plante vivace couvre-sol aux grandes fleurs le plus souvent bleues (il existe des formes à fleurs orange). Ce mouron se rencontre à l’état sauvage en Espagne et au Portugal, mais aussi dans les Bouches-du-Rhône. Les formes hybrides comme ‘Pacific Blue’ ou ‘Skylover’, d’un bleu intense, sont très florifères et s’épanouissent durant tout l’été. Dans la plupart des régions, on les utilise surtout comme des plantes saisonnières car elles sont détruites par le gel.

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Anagallis monelli ‘Skylover’, une excellente plante de bordure pour l’été. ©www.map-photos.com – N. & P. Mioulane

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